Autisme : y a-t-il un impérialisme du soin dans les services ? (II)

Résumé. La psychiatrie et la psychanalyse ont occupé une place dominante dans les institutions sanitaires et medico-sociales depuis les années soixante même quand elles n’étaient pas physiquement dans les services. C’est en parallèle, ou en opposition à elles, que d’autres disciplines ont apporté ensuite des modalités d’accueil nouvelles pour les personnes autistes. Pourtant, l’ère d’un « tout thérapeutique » n’a jamais vraiment existé. Une fiction illuminait la « psychothérapie » ou « le soin », irradiées par ces deux professions, et laissant dans l’ombre les autres accompagnements qui allaient du simple gardiennage asilaire à la scolarisation, en passant par de multiples activités éducatives et sociales. Le « suprémacisme » de ces disciplines a perdu de son aura mais il persiste dans le vocabulaire de nombre d’équipes tandis que pour les familles des confusions existent entre « le traitement », « le soin », « le thérapeutique », la « psychothérapie »  et « la psychothérapie institutionnelle ». Cette dernière ne représente pas non plus la seule approche pour analyser les actions et les interactions dans les services, leur critique constructive et les innovations.

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Autisme : pour une mise à jour de la diversité clinique (III)

Résumé. La psychiatrie et la psychanalyse ont longtemps dominé les discours sur la clinique de l’autisme. Elles ont ensuite accepté avec réticence les apports d’autres disciplines. Plus récemment, elles s’en approprient certaines innovations, au risque de travestir l’interdisciplinarité qui s’impose peu à peu.

Il leur faut maintenant :

- sélectionner avec précision leurs apports cliniques utiles et leurs actions dans les parcours de vie suivant l’âge et le type de troubles.

- apprendre à fédérer les observations des autres disciplines du plateau technique, quand on le demande. Il s’agit d’ innovations issues de spécialités médicales (comme la génétique et la neuropédiatrie), de la psychologie du développement, du cognitivisme, de la psychomotricité et de l’éducation. Cet apprentissage difficile exige du temps car il n’est pas spontanément acquis lors des études de psychiatrie, de psychologie ou de la formation « à une méthode ».

Les équipes accompagnantes, qu’elles soient éducatives, sociales, thérapeutiques, ou mixtes en ont maintenant grand besoin pour accéder à la complexité de la clinique de l’ autisme.

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