L’aire de jeu des praxis instituantes

Résumé. L’institution, dans le sens du mouvement d’instituer, est rendue possible par la création d’aires de jeu multiples (en soi, dans le groupe, dans la société). Dans la clinique quotidienne, cela introduit une lutte contre la naturalisation des processus psychotiques et des phénomènes institutionnels. Ouvrir à la complexité des relations humaines et à la prise en compte des failles des institutions et des personnes, pour les mettre au travail, est l’enjeu des praxis instituantes.

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La psychothérapie institutionnelle aujourd’hui : un genre de politique ? (LE ou LA politique ?)

Résumé. L’ « ambiance » à laquelle tenait tant Jean OURY, n’y serait plus. On peut en effet s’interroger sur ce que produisent les discours scientifique et capitaliste sur les réalités institutionnelles des lieux de soin de la folie. Car à asséner des certitudes, que ce soit de « bonnes pratiques » comme de « bon sens » économique, n’en vient-on pas à empêcher la pensée et le débat, c’est-à-dire à réduire la politique à une pratique obsolète, si ce n’est vaine ? Dans notre association que la politique semble avoir nourrie depuis ses origines, nous voulons croire que la désaliénation si chère à Marx – pour impossible qu’elle soit (voir notamment Lacan) – ne doit pas moins rester l’horizon vers lequel nos pratiques s’orientent. Au plus près de la réalité clinique de notre quotidien de soignants en psychiatrie, avec ce que la psychose produit de risques parmi lesquels l’isolement, nous allons exposer une tentative récemment entreprise avec nos patients, tentative institutionnelle, thérapeutique et politique.

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L’institution se transmet-elle?

Résumé. Réflexions croisées entre une psychologue et une infirmière, collègues en psychiatrie, sur la notion de « transmission » (intérêt et écueil) dans les prises en charge au long cours, de patients psychotiques en hôpital de jour.

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Ce que les patients nous transmettent

Résumé. Notre propos sera une tentative de mise en perspective des éléments d’une logique de la transmission autant que la transmission elle-même,  logique comme position par rapport au savoir ou même plutôt  au non – savoir. À partir d’un premier point qui est la rencontre avec un patient, seront dépliées et articulées  la question de l’altérité, celle de la séparation instituante, la position par rapport à un point de non savoir. Le non savoir est à entendre là dans sa différence avec la connaissance trompeuse,  comme un savoir du côté du docte ignorance. Au travers des notes  cliniques seront abordées  l’acceptation d’être déplacé et transformé par le patient,  la capacité à s’ex- situer par rapport à l’institution mais également à sortir de la fascination produite par les dires de certains patients. Cette transmission parfois invisible de la part des patients vient interroger notre savoir-faire de psychanalyste mais également notre savoir- faire clinique  de praticien en institution et notre responsabilité.

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La transformation radicale de la clinique comme produit de la transmission des rencontres cliniques avec des personnes transexuelles

Résumé. Les rencontres cliniques avec des personnes transsexuelles ont profondément modifié ma conception psychanalytique, en pratique et en théorie. Cette transformation radicale sera étudiée à partir de la clinique lacanienne en partant des obstacles qui se sont présentés au niveau théorique dans mon expérience clinique. La confrontation à l’énigme transsexuelle sera source d’un changement radical où le savoir produit par les personnes transsexuelles elles-mêmes a une part déterminante. Les concepts de structure ou de maladie seront exclus et c’est avec la dernière partie de l’enseignement de Lacan, les nœuds, mêlé aux théories de Marx sur la valeur qu’une logique de fonctionnement sera mise en place.

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Soins psychiatriques et traitement de l’Autre

Quelques orientations métapsychologiques des soins psychiatriques individuels et collectifs dans une institution

Résumé. Nous voudrions tenter d’expliciter dans cet exposé comment, de notre point de vue, une pratique psychiatrique en institution guidée par les outils de la psychanalyse constitue ce que Zénoni appelle un traitement de l’Autre qui représente un point de repère quotidien dans notre clinique institutionnelle et individuelle et en caractérise ce qu’elle a de foncièrement psychanalytique. Nous  tâcherons donc d’en définir les principes dans un premier temps. Enfin il nous importait d’articuler cette conception du soin avec son corollaire médical c’est-à-dire ce qui serait  un traitement du sujet malade lui-même, un traitement sur le corps de sa psychè, pour lequel l’exemple des prescriptions médicamenteuses nous semble particulièrement illustrer un aspect central du travail psychiatrique mais non pour l’opposer  à l’éthique psychanalytique ni évidemment  à l’approche psychodynamique à laquelle elle est susceptible de participer de manière incontournable, mais bien pour tenter de l’y intégrer.

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VARIA. Jeux de rôles et normes identitaires, fragments cliniques d’un psychodrame psychanalytique

Résumé : Nous examinerons dans ce travail quelques moments cliniques issus de la thérapie de Kevin, jeune adolescent psychotique suivi dans le cadre d’un psychodrame analytique individuel. Nous interrogerons notamment les représentations en jeu dans les scènes du psychodrame, ainsi que dans les temps de reprise, représentations de la sexualité et de ses orientations, tant du côté du patient que des thérapeutes. Il s’agira d’interroger la présence possible d’un cadre psychique hétéro-normé mis en avant par les thérapeutes, de le repérer et d’en questionner la dimension défensive.

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Les logiques de la psychose

 Résumé. Cet article se propose d’esquisser une métapsychologie de la psychose en se focalisant uniquement sur la description des processus psychiques qui sont caractéristiques de chaque pathologie, ce qui permet de dégager leur logique propre, et de montrer à chaque fois la dimension spatiale ou temporelle dont le patient fait abstraction. En effet, les discours et les comportements de la psychose nous apparaissent souvent comme incohérents, et pourtant, ils suivent des processus psychiques qui sont à la fois logiques et spécifiques à chaque pathologie, tel est du moins ce que cet article se propose de montrer en s’appuyant sur des vignettes cliniques. Il s’agira de voir comment l’expérience mal acquise de l’espace et du temps conduit les patients psychotiques à suivre des logiques imaginaires, que les logiciens appellent aussi des logiques formelles, parce qu’elles ont la particularité de faire abstraction d’une dimension spatiale ou temporelle de l’expérience, tandis qu’en pareille situation, les patients névrosés suivent des logiques empiriques. Ainsi, chaque pathologie de la psychose suit une logique imaginaire qui lui est propre : le processus psychique spécifique à l’autisme suit une logique trivalente ou floue, celui de la schizophrénie suit une logique hypothétique ou non-monotone, celui de la paranoïa suit une logique répétitive ou fractale, et celui des troubles bipolaires suit une logique associative, ce que l’on appelle respectivement dans la clinique de la psychose l’indifférenciation, l’hallucination, la systématisation, et le discours logorrhéique du coq à l’âne.

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De l’amour contrarié au transfert érotomaniaque

Résumé. En partant d’un cas clinique d’érotomanie est développée une réflexion sur la pratique du transfert dans la psychose. Ce cas nous fait enseignement d’une part sur la manière dont peut être assumé le transfert avec le sujet psychotique, et d’autre part sur ce que le sujet invente comme solution autogène, ici délirante, pour parer à l’éminence du rapport mortifère à sa psychose. Le clinicien doit pouvoir trouver là un modèle de sa visée de thérapeute, soit l’instauration d’une fonction de limite de la jouissance.

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