Instituer le conflit dans le travail de culture

Résumé

L’article est consacré à repérer la fonction vitale du conflit dans le Kulturarbeit que cherche à définir Freud. Pour ce faire la tradition théorique de la clinique du travail est reprise sous l’angle particulier d’une clinique de l’activité. La définition du collectif de travail est questionnée à partir d’un exemple singulier pris dans le domaine de la création : celui des rapports professionnels avortés entre trois poètes à Weimar : Hölderlin, Schiller et Goethe.

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Antériorité de l’éthique sur le collectif

Résumé

Dans une lecture croisée de la psychodynamique du travail avec la psychothérapie institutionnelle, l’auteure interroge le rapport entre le collectif conçu comme espace agonistique et la sous-jacence de l’éthique. Elle analyse les rapports entre la politesse comme règle sociale et la gentillesse comme règle éthique et souligne les limites du modèle aristotélicien de la délibération collective, quand on a besoin de penser la dynamique du collectif soignant en tenant compte de son hétérogénéité. L’éthique est considérée comme condition du collectif autour d’un « minimum nécessaire » qui rend possible le conflit et l’élaboration de règles éthiques pour l’action. L’article se conclut sur les questions soulevées par l’articulation entre le collectif de pairs et la fonction de chef d’orchestre.

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Le deuil, un « travail » sans objectif ou « l’insolite expression “travail de deuil” » (Lagache)

Résumé.

La traduction de Trauerarbeit par « travail de deuil », passée aujourd’hui tant dans le discours et la communauté psychanalytiques que dans l’usage commun, a soulevé peu d’interrogations. Pourtant le terme de travail associé au terme deuil a des effets sur la clinique même : quel résultat peut-on attendre d’une expérience dont Freud lui-même disait qu’elle relevait de l’inconsolable ? Une historicisation de « l’ensauvagement de la mort », selon l’expression de Philippe Ariès peut être utile pour comprendre comment le deuil est devenu une « entreprise intime », une affaire de soi à soi.

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Le travail des entours, une clinique du quotidien en institution

Résumé :

Travailler le quotidien en institution est subtil et délicat. L’auteur, par l’évocation d’une situation clinique et de moments du quotidien d’un hôpital de jour, tente d’illustrer ce travail de l’ambiance, des « entours » dont parle Jean OURY.

Ces petits moments d’inattendus qui nous dérangent et nous surprennent, font percevoir la complexité, la difficulté mais aussi la richesse de ce que les patients déposent dans les interstices de l’établissement.

Pour cela le Club Thérapeutique, opérateur de changement est un outil précieux. Contre-pouvoir stimulant au fonctionnement hiérarchisé de l’établissement, son mouvement aide à lutter contre la routine et l’inertie.

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Comment Jean Oury (1924-2014), un géant de la psychiatrie, peut nous aider à pratiquer une psychiatrie à visage humain?

Résumé :

Jean Oury, est un des principaux fondateurs et acteurs de la Psychothérapie institutionnelle. Au cours de son existence, il a inventé et approfondi de nombreuses notions essentielles pour la pratique et la théorie d’une psychiatrie humaine. Quelques uns de ses concepts (double aliénation, transfert dissocié, constellation transférentielle, collectif…) sont rappelés dans cet article et donnent une idée de leur importance dans la psychiatrie contemporaine, aussi bien sur le plan psychopathologique que politique et sociétal.

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La psychothérapie institutionnelle: une création permanente

Résumé. Ce texte reflète une pratique à long terme avec des patients psychotiques et la création avec eux d’un réseau dans la ville de Reims.
La structure principale est l’Unité ambulatoire Antonin Artaud, mais il existe aussi cinq clubs thérapeutiques qui sont présents en différents lieux dans divers services.
A partir d’une transmission et d’une réinvention par les patients, mais aussi par les personnes âgées dont Roger Gentis et Jean Oury ont montré le rôle crucial, les concepts essentiels de la psychothérapie institutionnelle sont revus et permettent d’agir dans une recréation permanente.
L’hétérogénéité comme un principe fondateur, mais aussi « la fonction de club », contribuent à la mise en mouvement du Collectif, et aide à la reconstruction pour chacun d’un monde vivable et souhaitable.
Cela suppose aussi un travail de conscience collective pour une continuité psychique, qui est essentielle dans la lutte contre la fragmentation et le clivage.
Mettre les patients et les soignants sur un pied d’égalité leur permettra ainsi une praxis instituante, et la création d’une association de patients nommée Humapsy.

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Le collectif en soi

Résumé. La psychothérapie institutionnelle regroupe tout un ensemble vaste et hétérogène de pratiques, d’idées, de pensées, de textes qui se trouvent être tout particulièrement inspirants dans la période actuelle où les effets du travail institutionnel sur les personnes accueillies dans des lieux de soin sont cruciaux à interroger. Cet article témoigne d’une réflexion sur le travail institutionnel mené dans un hôpital de jour accueillant des adolescents et jeunes adultes présentant des symptômes du spectre autistique.

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