Métamorphoses chimiques du sujet: une autre histoire de la psychopharmacologie

 Résumé. L’immense majorité des études sur l’histoire de la psychiatrie se consacre à une période qui débute à « l’âge classique » et finit à la fin du xixe siècle. Notre analyse historique, aborde la production de la médecine mentale au cœur du xxe siècle. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les propriétés de multiples substances supposées agir sur l’esprit furent intensément explorées, analysées, codifiées et instrumentalisées. Nous verrons comment initialement ces substances visaient surtout l’exploration d’une vérité supposée du sujet par l’induction de la parole. Nous aborderons ensuite la généalogie et les particularités des expériences avec la chlorpromazine, dite neuroleptique. En quelques années, ces expériences ont forgé de nouvelles pratiques et de nouveaux discours sur le pouvoir des drogues, sur la maladie mentale et sur le sujet, qui perdurent jusqu’à nos jours au moins sous deux formes : une disciplinaire, la psychopharmacologie et l’autre transgressive, la toxicomanie moderne. Aujourd’hui, les substances psychoactives et leurs effets traversent une crise. Leurs promesses d’efficacité et leurs postulats s’essoufflent. Une neuroscience d’un néo-localisationnisme marqué par l’imagerie de sièges et de circuits cérébraux semble alors prendre le relais. Cet article tente d’expliciter comment et en quoi consistent ces transformations qui, bien au-delà de la psychiatrie moderne, ont profondément marqué les hypothèses, les pratiques et les représentations, tant de la maladie mentale que de la construction du sujet contemporain.

INTRODUCTION

Il est courant d’affirmer qu’à partir des années 1950, l’avènement de substances connues comme neuroleptiques, a totalement transformé la psychiatrie, inaugurant une nouvelle ère de la maladie mentale, déterminant un « avant » et un « après » les neuroleptiques.

Ce partage des eaux et la création discursive de cette « nouvelle ère » postulent l’existence d’une psychiatrie moderne, à prétention scientifique, et renvoient l’aliénisme d’avant la Seconde Guerre mondiale à une sorte de préhistoire de la psychiatrie. Tout se passe comme si ce qu’on nomme schizophrénie, dépression ou autres avait toujours été là à attendre la découverte de leurs causes ultimes et les traitements chimiques correspondants. Ce que dit M. Foucault à propos de l’enfermement est fort valable pour les nouvelles hypothèses et traitements chimiques de la folie :

« Pour les médecins, il est d’un grand poids, et d’un précieux réconfort, de pouvoir constater qu’il y a toujours eu des hallucinations sous le soleil de la folie, toujours des délires dans les discours de la déraison, et qu’on retrouve les mêmes angoisses dans tous des cœurs sans repos. C’est que la médecine mentale en reçoit les premières cautions de son éternité »1.

A partir des années 1945, les expérimentations au moyen de produits chimiques administrés aux malades mentaux dans des buts thérapeutiques, diagnostiques ou de recherches empiriques se multiplièrent. Les principaux outils de ces expériences furent les barbituriques, les amphétamines, la mescaline, le Lyserg-Säure-Diäthylamid (le LSD-25), suivis enfin de la chlorpromazine, dite neuroleptique. Ces drogues n’étaient pas toutes nouvelles, c’est surtout dans leurs modes d’usage et dans les principes de ces expériences que réside la nouveauté. Peu d’études ont explicité quels étaient les nouveaux fondements de ces expérimentations psychochimiques, leurs visées et les résultats trouvés, qui fondent encore la psychiatrie du XXIème siècle. 2

Dans cet article il s’agit de décrire comment se sont produits les changements de représentations et de pratiques de la psychiatrie à partir des années 1940-1950, et en quoi consistent-ils plus exactement et quelles seraient leurs incidences sur notre société.

I – LE CONTEXTE DE LA PSYCHIATRIE DES ANNÉES 1940

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la psychiatrie française traversait une grave crise de légitimité. D’une part, ses fondements théoriques se voyaient confrontés à un manque de corroboration conceptuelle et d’assise expérimentale et scientifique. D’autre part, ses résultats pratiques étaient sévèrement mis en cause par leur manque d’efficacité devant les nouvelles attentes de la société vis-à-vis de la maladie mentale.

a) Essoufflement conceptuel

Les autopsies des malades mentaux et les recherches anatomopathologiques sur la folie restaient toujours très décevants. La correspondance anatomophysiologique entre corps et folie n’avait toujours pas pu être établie. En effet, il y a des lésions du cerveau qui ne sont pas accompagnées de troubles psychologiques, aussi bien qu’il y a de graves troubles mentaux sans aucune lésion cérébrale décelable.

b) Crise de la nosologie et de la nosographie

Les aliénistes français étaient des vertueux de la description clinique et les fines observations remplissaient les certificats d’hospitalisation et les manuels de psychiatrie. À la moitié du xxe siècle, cet effort descriptif attendait encore cohérence et corroboration, ne fût-ce que partielle, sous peine de rester comme une collection de variétés humaines.

c) Moyens thérapeutiques de l’époque : les cures et les chocs

À la fin des années 1940, les moyens thérapeutiques chimiques employés étaient les barbituriques, le chloral, le cardiazol, les phénergan et d’autres antihistaminiques. Ces tranquillisants étaient souvent utilisés dans des méthodes comme les cures de sommeil et hibernations provoquées.

Il faut remarquer que l’essentiel des traitements psychiatriques se présentait sous forme de cures et de chocs. Il s’agissait d’administrer un traitement donné pendant une durée délimitée jusqu’à obtenir l’état consécutif à la cure. Ce fut le cas pour la malariothérapie, faisant appel aux fièvres induites par contamination, proposée par Wagner-Jauregg en 1917, lequel a obtenu le prix Nobel de médecine en 1927. Les cures par choc au cardiazol, proposées en 1932, par choc insulinique (de Sakel) introduites en 1933 et enfin les cures par choc électrique de Cerletti-Bini (1938) sont des exemples des principaux traitements en cours à la fin de la seconde Guerre.

Dans ce contexte, la psychochirurgie (dite lobotomie) est un cas particulier : elle vise l’interruption définitive d’une sorte de « court-circuit » neuronal. Créée en 1935, par le portugais Egas Moniz, elle fut adoptée et largement diffusée dans le monde par l’américain Freeman. Son inventeur aura le prix Nobel de médecine en 1949.

d) La mise en cause de l’asile

Longtemps la psychiatrie trouva dans l’asile de fous la réponse qui correspondait à l’attente de la société. Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 40 000 patients internés auraient trouvé la mort dans les hôpitaux psychiatriques pour cause de famine ou de mauvaises conditions de vie, ce que Lafont nomma « l’extermination douce »3. Dans l’après guerre, suite au trauma concentrationnaire nazi, la justification de cette forme d’enferment s’est vue fortement mise en cause. La Psychothérapie institutionnelle et, plus tard, la sectorisation du soin psychiatrique, furent des conséquences assez directes de ce changement de sensibilité.

* *

C’est dans ce contexte de profonde crise de légitimité de leur discipline que, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les psychiatres entreprirent des expériences à l’aide de substances agissant sur le cerveau, que nous appellerons les maniements ou transformations chimiques du sujet.

II – MANIEMENTS ET TRANSFORMATIONS CHIMIQUES DU SUJET

Contrairement aux lieux communs souvent véhiculés, ces nouvelles expériences modernes avec des substances chimiques sur des malades mentaux ne visaient ni à calmer, ni à endormir, ni à éradiquer le délire, l’hallucination ou un autre symptôme. A l’aide de produits chimiques, pendant des années, les psychiatres cherchèrent parfois le choc chimique, soit l’exploration de l’esprit malade, par la production de ce que nous appellerons une induction chimique de la parole.

Inspirés par la psychanalyse, les confidences d’un fou avaient acquis une valeur explicative et potentiellement thérapeutique4. Armés de nouvelles molécules, les médecins se lancèrent alors dans l’exploration des mécanismes psychiques pathologiques, des structures de la personnalité, des délires enfouis et des souvenirs cachés (volontairement ou inconsciemment) chez leurs malades.

A/LA NARCO-ANALYSE

La narco-analyse, exploration psychique d’un patient sous état hypnagogique provoqué, ou « psychanalyse chimique »,  consistait en une technique d’endormissement partiel (subnarcose) provoquée par l’injection intraveineuse d’un barbiturique, en vue d’un interrogatoire clinique. C’est cette méthode – témoignage du grand intérêt du clinicien pour les subtilités psychiques du patient – qui inaugurera les expérimentations psychochimiques modernes de l’après-guerre.

Après Sutter5 en 1944, Jean Delay et ses collaborateurs publièrent, en 1945, un article sur l’exploration du psychisme à l’aide d’une injection intraveineuse de pentothal6. Cette publication donna le coup d’envoi d’une grande série de publications similaires réalisées par nombreux psychiatres en France. En moins de deux ans (1945-1947), la narco-analyse devint une pratique très répandue dans les services psychiatriques. A l’aide des barbituriques, les complexes psychoaffectifs jusque-là insaisissables à l’état de veille devenaient abordables, quasiment palpables. Cette technique « rompt les barrages conscients », « débloque la personne », « exhume les souvenirs », « extériorise les complexes », et révèle. Il n’y aurait plus d’opacité entre psychiatre et patient. C’est ainsi qu’une fois confronté à une malade silencieuse, Delay décide :

« Connaissant l’effet habituel de l’anesthésique 245 [pentothal], qui est de lever les interdits et les contrôles de la volonté, nous faisons à cette malade une injection dans le but de la faire parler. »7

Et quelles vérités recueilleront les médecins ? L’immense majorité des aveux alors obtenus sont à thématique sexuelle. Un patient avoue son « premier orgasme sexuel en chevauchant une vache… »8, avec un autre, on obtient « l’extériorisation de thèmes d’homosexualité soigneusement dissimulés à l’état de veille »9. La liste serait infinie.

Peu après le développement de la narco-analyse en France, elle fut utilisée dans le cadre des expertises médico-légales comme technique d’aveu. Suite aux innombrables protestations, en 1951, la narco-analyse fut interdite comme méthode d’expertise. La « légende » autour d’un sérum et de la vérité et son succès populaire constituent un épisode politique non négligeable dans l’histoire de la psychiatrie et des psychotropes. Cette escapade de la narco-analyse dans le domaine légal et public renforça l’idée que, sur des bases scientifiques et techniques nouvelles, psychotropes et psychiatres pouvaient transformer l’individu malgré lui. Désormais, une nouvelle puissance et ses dérapages potentiels commençaient à se forger.

L’expérience de la narco-analyse contient les principaux éléments d’une histoire moderne des maniements chimiques du sujet : elle confirme le pouvoir des substances sur l’esprit et sa régulation, lie drogue et vérité du sujet, cherche à établir la frontière entre normal et pathologique et une base scientifique causale pour la psychiatrie.

B/LE CHOC DE L’AMPHÉTAMINE

Trois ans après ces premières expériences, Delay et son équipe s’appliquèrent à une nouvelle manipulation chimique du psychisme des malades mentaux. Il s’agissait d’injecter par voie intraveineuse une ou plusieurs doses massives d’un dérivé d’amphétamine (la méthédrine) sur des malades mutiques10 visant d’abord l’« exploration des couches profondes de leur psychisme » et faire ainsi parler les patients11. Ce genre de substance, crées depuis au moins dix ans et particulièrement étudiée en Angleterre, était assez mal connue des psychiatres français de l’époque.

La première expérience publiée en France, baptisée « choc amphétaminique »12, vise une femme de 20 ans, d’aspect apathique et impossible à interroger. Dès la première dose intraveineuse de méthédrine, elle parle abondamment et à la crise anxieuse succède une grande amélioration de la patiente qui devient soudainement dynamique. Le lendemain, elle redemande une seconde injection.

Les amphétamines ont vite connu plusieurs applications empiriques. D’une part on administre les produits amphétaminiques aux différents tableaux cliniques et on compare les effets. D’autre part on compare les effets des différentes drogues sur des séries de malades supposés appartenir à un même groupe nosographique.  Une même molécule sera alors administrée à des personnes maniaco-dépressives, excitées maniaques, catatoniques, schizophrènes13, souffrant d’états oniroïdes, obsessionnels et, évidemment, à des hystériques14. Des tests psychologiques avec et sans l’influence de la substance sont également réalisés et l’on rapproche les résultats de ceux obtenus sur des animaux.

« Le choc amphétaminique nous paraît présenter un intérêt théorique considérable dans les psychoses. Il est possible que la connaissance plus précise de son mode d’action nous permette d’éclairer certains mécanismes pathogéniques15

C’était bien un nouveau et prometteur projet expérimental en psychiatrie, simple et résolument moderne, qui commençait à se donner le moyen de se construire.

C/LA MESCALINE

Extraite d’un cactus d’origine mexicaine, le peyotl, la mescaline était assez connue en Europe. En 1936, le médecin italien Morselli publie des descriptions détaillées sur les altérations du sens de la réalité et de la conscience de soi après l’avoir testée sur lui-même. En voyage au Mexique l’artiste Antonin Artaud goûtera les effets initiatiques de cet extrait du peyotl. Ces deux expériences dissemblables et célèbres ont construit la renommée de la mescaline.

En 1948, dans la vague des recherches des molécules capables de modifier le psychisme, Delay et Gérard relanceront l’intérêt scientifique pour cette substance en France16. Lors du premier Congrès international de psychiatrie, réalisé à Paris (1950), la mescaline occupera une place importante dans les considérations sur la psychopathologie des délires17.

Mais en réalité la mescaline ne provoquera pas toujours des altérations aussi fertiles et pittoresques que celles rencontrées par Morselli sur lui-même. Quelques malades s’endorment, d’autres se taisent, apparemment rares sont ceux qui délirent d’une manière « appréciable »18. Utilisant la méthode expérimentale désormais établie, l’équipe de Delay teste ce produit sur une série de soixante malades mentaux différents (schizophrènes, délirants chroniques, maniaco-dépressifs, névrotiques et autres), à la recherche de régularités et de variations19.

Si les recherches sur la mescaline n’aboutirent pas à un nouveau procédé diagnostique ou thérapeutique probant, elles démontrèrent la possibilité de déclencher artificiellement des processus d’allure psychotique.

Morselli identifie l’effet de la mescaline à « une expérience délirante primaire dans le sens de Jaspers »20, concept classique de la psychopathologie de l’époque. Cette intoxication expérimentale dévient  « un précieux procédé d’étude de la pensée morbide »21, contribuant ainsi à la création d’un modèle naturel de la folie. Les auteurs parleront de « schizophrénie expérimentale », « catatonie expérimentale », et postuleront que la pathogenèse des schizophrénies serait une toxicose de nature chimique (par les amines)22.

L’inconstance des effets cliniques obtenus avec la mescaline limitera fortement son utilité et les psychiatres la délaisseront. D’autres prendront la relève, à l’exemple de Huxley ou Michaux, qui continueront à utiliser la mescaline pour peindre, écrire, explorer sa pensée etc.

D/LYSERG-SÄURE-DÏATHYLAMID, LSD: LES GOUTTES D’HOFMANN

L’invention du LSD-25 fait partie des cas emblématiques de la « découverte accidentelle » que le génie des scientifiques aurait su exploiter. En avril 1943, ayant travaillé dans son laboratoire, Hofmann se sentit indisposé et un peu bizarre, éprouvant pendant plusieurs heures des phénomènes visuels qui l’obligèrent à rentrer chez lui. Malgré quelques hallucinations, ce scientifique averti ne s’inquiéta nullement de sa propre santé mentale et attribua son état à l’action du LSD-25.

Il aura néanmoins fallu attendre quatre ans pour que les effets du LSD sur le psychisme fassent l’objet d’un intérêt et d’une première publication en psychiatrie en France23. Il est probable que cette période de silence de recherche sur les implications psychiatriques du LSD-25 (1943-1947), et la multitude d’articles qui suivent, correspondent à l’orientation paradigmatique de la recherche psychiatrique de l’époque.

Une fois initiée, la même méthode désormais scientifique utilisée pour les barbituriques, pour les amphétamines et pour la mescaline fut appliquée avec le LSD. On testa cette « nouvelle » substance sur des schizophrènes et les séries de malades les plus divers, les sujets sains et maintenant les animaux. Disons au passage que c’est à la recherche de sujets normaux que les chercheurs pratiquèrent systématiquement des auto-expérimentations24, puisque quoi de plus normal qu’un psychiatre ?

En France, c’est en 1951 que Delay et Pichot25 publièrent un premier petit article sur le LSD. Ils donnèrent des hautes doses à des schizophrènes et observèrent l’apparition consécutive de symptômes catatoniques.

Dès le début des années 1950, le LSD connaît des applications semblables à celles des autres substances étudiées jusqu’ici :

a) L’exploration psychique compréhensive (similaire à la narco-analyse) et le choc. Quelques psychiatres se servent de ce produit pour enrichir les séances avec les délires. D’autres, plus nombreux, préconisent un traitement par « choc lysergique », véritable « purgation » des pensées morbides de la psyché.

b) On tente de l’utiliser également comme moyen diagnostique, puisqu’on considère que ce produit accentue les traits de la personnalité.

c) Mais le plus grand intérêt du LSD réside dans les implications théorico-cliniques. Comme pour la mescaline, la ressemblance entre les hallucinations obtenues avec cette substance et celles constatées chez certains malades26 conforte chez les psychiatres l’idée d’une causalité étiologique commune pleine de conséquences.

Avec le LSD, on considère avoir trouvé des « psychoses expérimentales chez l’homme et chez les animaux [sic], corrélations neuropsychiques et chimio-psychiques, structure de diverses affections mentales, mécanismes d’action des agents psychogènes, étiologie et psychopathogénie de certains phénomènes morbides[…]».27

C’est le possible rapport causal (substance-hallucination), postulat intrinsèque de ces expériences, qui rendait le LSD-25 précieux. En réalité, si, certains patients présentent une sorte d’ébriété et paraissent avoir les traits de leur personnalité accentués, ils ne déliraient pas systématiquement avec cette substance.

Quoi qu’il en soit, l’avènement du LSD, qui reste néanmoins célèbre comme hallucinogène, a sans doute servi à la consolidation d’une psychopathologie expérimentale, à la base des recherches neuropharmacologiques ultérieures.

E/LES NEUROLEPTIQUES

Sans bruit ni fureur

Le développement des molécules dites neuroleptiques, à partir de 1952, est le fruit de leur temps. En médecine somatique, l’hibernation artificielle28 était une méthode qui, par le refroidissement du corps et l’endormissement prolongé, tentait d’épargner l’organisme affaibli dans ses défenses biologiques. C’est par analogie entre les attaques de la pathologie organique et de la pathologie mentale que les aliénistes transportèrent la technique de l’hibernation artificielle à la psychiatrie. Par une coupure entre cortex et diencephale, les psychiatres prétendaient épargner la conscience des bombardements issus des instances inférieures.

À cette époque, l’industrie pharmaceutique Rhône-Poulenc avait proposé des variations du Phénergan®29 (phénothiazines) à l’équipe d’anesthésie du chirurgien Henri Laborit pour des expérimentations d’hibernation artificielle en prévention des effets de chocs postopératoires. C’est en constatant des effets collatéraux (notamment l’indifférence) à l’usage d’une de ces substances, dite le 4560 R.P. que naquit l’idée de la tester sur des malades mentaux dans le but d’obtenir la mise en repos du cortex par la suppression des « réactions irritatives morbides »30. Peu après, le 4560 R.P. ou chlorpromazine, deviendra la première molécule dite neuroleptique, commercialisée sous le nom de Largactil®31.

Dans les premiers articles publiés, le 4560 R.P. était utilisé comme moyen de maîtrise et de traitement d’un des grands problèmes quotidiens de services psychiatriques : l’agitation32,33. Les résultats immédiats sont spectaculaires.

Le 4560 R.P.34 fut distribué à tous les malades d’un pavillon d’agités, les psychiatres seront éblouis par le dépaysement provoqué35. Grace à cette nouvelle molécule et à la seringue

« L’atmosphère des salles agitées a connu une véritable révolution. »36 .

Indifférent, mais éveillé

Pendant les trois à quatre semaines de cure par la chlorpromazine, le malade était donc transformé, mais conscient. Le fait de ne pas endormir le malade et de continuer néanmoins à le traiter était déjà une nouveauté absolue. L’état particulier de « désintéressement du malade pour tout ce qui se passe autour de lui »37 intriguera longtemps les médecins. À l’image de ce qui s’était passé avec « l’homme lobotomisé »38, on essaya d’établir un syndrome psychique propre aux neuroleptiques. Les premières descriptions sont éloquentes :

« l’indifférence apparente ou le retard de la réponse aux stimulations extérieures, la neutralité émotionnelle et affective, la diminution de l’initiative et des préoccupations sans altération de la conscience vigile ni des facultés intellectuelles. »39

Certains auteurs40 proposent d’appeler de « psychoplégie », « neurolyse » et enfin « neurolepsie » l’état obtenu avec la chlorpromazine41. Croyant à la déconnexion (mise au repos) entre le cortex et la base du cerveau, Laborit comparait lui l’action du 4560 R.P. à une « lobotomie chimique ».

Après soixante ans de prescriptions de neuroleptiques, qui ont façonné son image – notamment comme antipsychotique et anti-hallucinatoire – il est intéressant de rappeler que les premières observations cliniques mettent en évidence l’indifférence idéo-affective provoquée par ces substances. Le patient aurait des pensées étranges, mais il ne semble pas concerné ou affecté.

Le temps continu

Comme d’autres thérapeutiques la chlorpromazine fut initialement utilisée par les psychiatres comme une méthode de cure42. Généralement, la cure s’arrête quand la transformation souhaitée est atteinte. Suite aux rechutes observées à l’arrêt des cures de neuroleptiques, Delay et Deniker43 proposeront une toute nouvelle modalité thérapeutique en psychiatrie :

« La prolongation de la cure au-delà de la disparition des symptômes – relativement facile à apprécier chez nos malades qui ne sont pas inconscients [à l’inverse des cures de sommeil] – nous paraît essentielle quand c’est possible […]  L’essentiel est que la cure est continue et prolongée » 44

Dès le début se posera la question de comment déterminer la bonne durée de cette cure, mais c’est l’administration continue d’un traitement neuroleptique pour une période indéfinie, aujourd’hui courante, qui deviendra vite la norme.

Cette originalité de l’expérience avec le neuroleptique, quittant le modèle de la cure, laisse le patient éveillé et « abrase» les symptômes plus manifestes. Ces nouvelles réalités cliniques radicalement nouvelles, peu soulevées par les historiens, trop évidentes à nos contemporains, sont néanmoins capitales. Elles contribueront à modifier profondément la sensibilité en ce qui concerne la folie et le sujet dans les temps qui suivront. À partir de ce moment, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de manipulation corporelle visible (comas artificiels, secousses musculaires, chocs) qu’il n’y a pas de traitement : dans l’intimité invisible des tissus nerveux, le médicament continue d’agir.

Nouvelles conditions de la rencontre médecin-patient

Une nouvelle sémiologie rapproche la folie de la nature et d’une possible physiologie de l’esprit. Avec cette « naturalisation » de la folie, le patient devient encore plus ignorant du mal qui l’habite ; la vérité de sa folie n’est plus discursive, mais chimique, symptomatique et physiologique (appétit, sommeil, anxiété etc.). Dans ce cas, comme en médecine, il appartient surtout au psychiatre de déceler, lire et interpréter le symptôme pour mieux prescrire l’efficacité du traitement correspondant. Dès les premières publications sur la chlorpromazine on s’éloigne considérablement des entretiens soigneusement préparés, du choix minutieux des questions posées lors des narco-analyses, des recueils obtenus sous choc amphétaminique, des explorations psychologiques par LSD ou par la psychanalyse.

Diminuant les violences paroxystiques, la « camisole chimique »45 aura participé à la transformation des conditions concrètes46. Moins de patients seront attachés au lit, les chambres capitonnées seront moins utilisées (parfois abolies), les chaises pourront être dévissées du sol, des services de couvert seront parfois introduits dans les salles, etc.47

Les dispensaires prolifèrent et la pratique d’une psychiatrie privée (en ville) se développe48. Soignants et soignés finissent par s’éloigner : à distance, le traitement, prescrit par le psychiatre et emporté par le malade, continue de faire son travail. Désormais la triade, patient, drogue et psychiatre se rencontre, le plus souvent, par rendez-vous.

On assiste vite à une large diffusion de ces substances qui étaient devenues « l’aspirine des psychiatres »49. En octobre 1955 eut lieu à Paris un colloque international sur la chlorpromazine et les médicaments neuroleptiques en thérapeutique psychiatrique, avec des représentants de 21 pays, comportant 147 communications et présidé par Jean Delay50. La même année, trois ans après sa description, quatre millions de Nord-Américains avaient déjà utilisé ce « traitement de masse ».51

Face à ces nouvelles voies de la psychiatrie, les bons mots du docteur Delay sont aussi annonciateurs d’une certaine pratique clinique, que son vœu n’est pas dérisoire :

« Il convient de rappeler qu’en psychiatrie les médicaments ne sont jamais qu’un moment du traitement d’une maladie mentale et que le traitement de fond reste la psychothérapie. »52

III – LES MÉTAMORPHOSES ARTIFICIELLES DU SUJET

Puissance et discipline: la psychopharmacologie

La période que nous avons abordée n’a pas inventé l’idée de drogues « psychoactives » elle l’a transformée, radicalisée et largement diffusée. Ces expériences ont établi de nouvelles molécules et ont bâti un discours nouveau sur le pouvoir des drogues.

Absorber des substances, de façon ponctuelle ou durable, pour être performant, pour ne pas être triste, pour se calmer, pour supporter une épreuve, comme pour mieux se connaître, sont des applications et des visées chimiques des plus modernes que la société, notamment par la voie des toxicomanes, partageaient avec la psychiatrie. Mais à partir de la moitié du xxe siècle, seuls les traitements prescrits par le médecin (antidépresseurs, tranquillisants, etc.) sont tenus comme légitimes, bénéfiques et efficaces. Que ce soit comme « mauvais remède » ou « mauvais plaisir », la médecine ne conteste nullement le pouvoir de ces substances, bien au contraire, elle impose sa propre discipline : la psychopharmacologie. Rappelons donc en quoi consiste une discipline :

« Ces méthodes qui permettent le contrôle minutieux des opérations du corps, qui assurent l’assujettissement constant de ses forces et leur imposent un rapport de docilité-utilité, c’est cela qu’on peut appeler les “disciplines”. »53

La psychopharmacologie est bien la version médicale d’une discipline qui aspire à la régulation du pouvoir dégagé par les produits chimiques agissant sur l’esprit. La toxicomanie subséquente des années 1960-1970 sera autant son corolaire que son contrepoint.

IV – CHIMIE ET NATURE DE LA FOLIE

Les hallucinogènes font rêver

Les expérimentations psycho-pharmacologiques produiront la construction progressive du modèle biochimique des folies et la « naturalisation » de la maladie mentale54. Ici réside l’intérêt très particulier des expériences avec le LSD-25. Avancer qu’une substance est « hallucinogène » – c’est-à-dire qu’elle est capable de générer des hallucinations – équivaut à affirmer qu’à une substance donnée correspond un symptôme précis et déterminé.

Si la Substance S pouvait toujours provoquer l’effet psychologique X, alors nous serions devant un lien de cause à effet, ce qui a toujours fait particulièrement défaut en psychiatrie. Le lien hallucinogène, la capacité, invariable et univoque, de générer des hallucinations, semblait alors pouvoir constituer un point d’appui suffisamment stable et régulier pour corroborer des hypothèses chimiques de la folie et la recherche scientifique de ses causes.

On se plaisait à parler de « drogue schizogène », « psychosomimétique », « psychotomimétique », ou encore d’opposer psychose artificielle à psychose naturelle55. Depuis cette époque on espérait qu’un jour on pourrait attribuer certains troubles psychiatriques à l’action d’une substance cérébrale proche du LSD.

Neuroleptique et psychose: le chainon manquant

La constatation clinique des effets des neuroleptiques sur les hallucinations, même si elle n’est pas primaire, a beaucoup contribué à son succès en clinique comme au développement ultérieur des hypothèses neurochimiques de la folie56. Le neuroleptique glisse très vite de la représentation de « ganglio-pégique », à « neuroplégique », passant par un puissant tranquillisant (« tranquillisant majeur »), pour arriver enfin au statut de traitement spécifique des psychoses, voire « antipsychotique »57. Le raisonnement parcouru a été le suivant : si une substance est capable de « supprimer » les hallucinations, il est probable que cette substance agisse sur le cerveau, soit par neutralisation d’une molécule pathogène (comparable aux hallucinogènes), soit par la compensation d’une molécule manquante chez le malade.

Dans cette hypothèse, soit le neuroleptique neutraliserait une molécule (disons LSD-like), soit il compenserait un manque neuronal dans le cerveau du malade.

Ajoutons que le passage de la cure à un traitement à long cours a renforcé l’idée qu’avec la chlorpromazine, on approchait de la molécule manquante, notamment chez les schizophrènes. En début des années 1950, nombreux étaient les psychiatres qui croyaient fermement que par l’expérimentation de multiples variétés de la chlorpromazine (d’ou l’invention de l’haloperidol) , comme du LSD-25, on trouverait la molécule, le chaînon manquant, à l’origine étiologique de la schizophrénie.

Ces hypothèses furent suivies d’un grand engouement pour l’étude des neurotransmetteurs selon un modèle de clé et de serrure. Pendant des décennies, ces médiateurs chimiques inter-neuronaux, (type dopamine, sérotonine, etc.), sensibles à l’action des psychotropes, devraient expliquer aussi bien l’effet clinique des traitements chimiques comme l’étiologie des maladies mentales. Pour beaucoup, l’excès de dopamine serait la cause des schizophrénies, le manque de sérotonine serait à l’origine des dépressions, etc. Après une forte prédominance en psychiatrie, ces théories techniquement pointues, mais trop simplistes, difficilement vérifiables et dont l’efficacité s’est montrée restreinte, se voient aujourd’hui sérieusement mises en cause. Plus d’un demi-siècle plus tard, les paradigmes et l’espoir suscité à partir des années 1950 semblent s’essouffler à leur tour.

Quoi qu’il en soit, ces hypothèses neurochimiques, ou encore « psychophysiologiques », déduites à partir des psychotropes, restent prégnantes bien au-delà des milieux scientifiques. Elles irriguent encore largement les croyances et représentations de la maladie mentale et du sujet à l’œuvre dans toute la culture occidentale du début du xxie siècle.

ÉPILOGUE

La quête d’une correspondance anatomopsychique dans les expérimentations que nous avons décrites, reprit, avec des moyens nouveaux, un projet qui parcourait la médecine mentale depuis la fin de l’âge classique. D’une notion anatomique localisatrice, on passa aux flottements d’une « lésion chimique ». Avec les psychotropes les folies semblaient enfin trouver une conception chimique efficace et respectable.

Par l’inscription des maladies mentales dans la nature (en occurrence la nature neurochimique), ces recherches créèrent l’assise : a) de la coupure radicale entre normal et pathologique ; b) de la validité de l’existence des différentes pathologies de la nosographie. Comme nous avons vu, ces distinctions classificatrices constituaient les préalables mêmes de ces expérimentations. Autrement dit : deux des conséquences majeures des expérimentations chimiques furent d’ancrer l’idée d’une distinction entre normal et pathologique et d’arrimer la possible classification de maladies mentales dans la nature cérébrale.

Ces nouveaux paradigmes sont à l’origine de différentes versions du manuel américain Diagnostic and statistical manual of mental disorders (DSM) qui s’imposera en psychiatrie. Quarante ans plus tard, faute de résultats probants, ce modèle à trépied — psychotropes, neurotransmetteurs et DSM ­— s’essouffle à son tour.

De nos jours, alors que l’approche neurochimique est à la peine, c’est l’imagerie médicale (IRM fonctionnelle, etc.) qui tend à prendre le relais. Dans les articles, livres et conférences, les images cérébrales prolifèrent et s’imposent pour illustrer et rendre quasi tangibles les « circuits » des perceptions, du langage, des pensées, des émotions et des maladies mentales d’un homme nouveau :  l’homme câblé ou encore homme connecté qui succède à l’homme chimique  du XXème siècle. Sous influence d’une métaphore issue de l’informatique, la représentation d’un cerveau neuro-électrique ressurgit. L’homme est désormais constitué de « sites », « sièges » et « connexions », avec des illustrations hautes en couleur et animées. Les fonctions de l’esprit semblent alors bien définies et isolées et à nouveau parfaitement localisables. Il s’agit le plus souvent du même raisonnement pathognomonique qui parcourra la psychiatrie, ici appliqué aux circuits neuronaux de la pensée dans une recherche de correspondances anatomopsychiques qui se répète58. Enfin, malgré ses promesses, l’homme connecté n’a pas encore trouvé d’efficacité suffisante en psychiatrie qui validerait ses hypothèses pleines d’images informatisées.

Comme à chaque période de changement, cette nouvelle représentation « connectiviste » a la prétention de transformer la physiopathologie, la nosographie et la thérapeutique. Il est fort à parier que si ce « néo-localisationnisme » venait à se développer, il devrait donner lieu à des tentatives d’interventions à prétention thérapeutique d’un nouveau type. Vu son modèle, on peut supposer qu’il ferait moins appel à la chimie qu’à des manipulations électro-physiques, in loco, transformant circuits et connexions, agissant directement sur la « chair » même de la pensée. L’alliage entre une psychiatrie faite des circuits quasi palpables, l’informatique et une micro ou nanochirurgie moderne nous promettent un retour à de nouveaux modes de psychochirurgie à prétention curative que certains n’hésitent pas à vouloir préventifs59.

Jusqu’à présent, les mystères de la physiologie cérébrale ont fait que la psychiatrie a le plus souvent tâtonné sur un mode empirique, tout en marquant fortement les représentations de la société occidentale. Mais la complexité du cerveau n’est probablement pas le seul obstacle à une résolution médicale et scientifique de la folie. Il est certain qu’aliénistes et psychiatres de tout temps se sont toujours confrontés à des questions et à des problèmes à résoudre qui s’enchevêtrent à l’infini. Malgré les modèles, malgré les disciplines, l’homme et sa folie se trouvaient et se trouveront encore et toujours, à la croisée de la culture, de la médecine, de la religion, de la philosophie, de la sociologie, de la subjectivité, et de l’histoire. Puisque la folie est au cœur de notre humanité.

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Dr. Carlos Parada
Médecin Psychiatre
DEA d’Histoire à l’EHESS
Responsable médical de l’Externat Médico-Pédagogique
UDSM/Fontenay sous Bois
Co-auteur avec C. de Olievenstein
Comme un ange cannibale, Paris, Ed. Odile Jacob
carlosparada@free.fr