Le recul de la psychanalyse dans les institutions : homophobie, dogmatisme théorique et concurrence thérapeutique

 Résumé : ce texte se propose de réfléchir aux raisons qui font actuellement reculer la psychanalyse dans les institutions du monde occidental, et en particulier dans celles de la  France. Il s’agit plus précisément de montrer que les facteurs qui ont permis sa diffusion sont aussi ceux qui la font disparaître aujourd’hui, à savoir : l’usage homophobe de ses théories et de ses pratiques qui répondait aux politiques hygiénistes de la fin du XIXe siècle, mais qui maintenant la dessert ; la dimension épistémologique dont elle pouvait se passer au moment de sa diffusion mais qui la laisse désormais sans justification auprès des institutions de soins et de recherches scientifiques ; et enfin l’absence d’alternative théorique et pratique qu’elle connaissait à ses débuts qui s’est transformée depuis en une concurrence thérapeutique importante avec l’arrivée des Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC).

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Les logiques de la psychose

 Résumé. Cet article se propose d’esquisser une métapsychologie de la psychose en se focalisant uniquement sur la description des processus psychiques qui sont caractéristiques de chaque pathologie, ce qui permet de dégager leur logique propre, et de montrer à chaque fois la dimension spatiale ou temporelle dont le patient fait abstraction. En effet, les discours et les comportements de la psychose nous apparaissent souvent comme incohérents, et pourtant, ils suivent des processus psychiques qui sont à la fois logiques et spécifiques à chaque pathologie, tel est du moins ce que cet article se propose de montrer en s’appuyant sur des vignettes cliniques. Il s’agira de voir comment l’expérience mal acquise de l’espace et du temps conduit les patients psychotiques à suivre des logiques imaginaires, que les logiciens appellent aussi des logiques formelles, parce qu’elles ont la particularité de faire abstraction d’une dimension spatiale ou temporelle de l’expérience, tandis qu’en pareille situation, les patients névrosés suivent des logiques empiriques. Ainsi, chaque pathologie de la psychose suit une logique imaginaire qui lui est propre : le processus psychique spécifique à l’autisme suit une logique trivalente ou floue, celui de la schizophrénie suit une logique hypothétique ou non-monotone, celui de la paranoïa suit une logique répétitive ou fractale, et celui des troubles bipolaires suit une logique associative, ce que l’on appelle respectivement dans la clinique de la psychose l’indifférenciation, l’hallucination, la systématisation, et le discours logorrhéique du coq à l’âne.

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